SNSM Bandol : une station majeure en Méditerranée

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Interview : rencontre avec Jean-Luc Cercio - Président de la Station SNSM de Bandol (83) 

La station SNSM de Bandol est une des plus importantes de Méditerranée. Créée en 1981, son rayon d'action s'étend des Lecques au cap Sicié.
Le trafic maritime pour la plaisance dans cette zone est très intense - Passage vers les îles d'or, la Corse, la côte d'azur.- la zone compte également 5000 places de port.
La station de Bandol compte un effectif de 35 bénévoles dont 5 patrons et 30 marins polyvalents, tous titulaires du PSE2 (secours en équipe).

On imagine que l'importance du trafic maritime plaisanciers dans votre zone géographique doit générer un nombre important d'interventions.
Pour 2016 nous comptabilisons 90 interventions contre 130 en 2015, soit une très nette diminution. 

Comment expliquez-vous cette baisse de 30%, ce qui au demeurant est une bonne nouvelle.
Oui, moins de sorties cela veut dire moins d'incidents et d'accidents. Il est difficile de donner une explication rationnelle et précise, on peut mettre en avant les campagnes de sensibilisation  que nous diffusons régulièrement au niveau national qui portent peut-être leur fruit et peut-être aussi une baisse globale de l'activité plaisance.

Pour quelles interventions êtes-vous principalement sollicités ?
La plupart du temps, dans presque 70% des cas, il s'agit de pannes et avaries (cas le plus courant) qui rendent les bateaux non manoeuvrables  ou de voies d'eau suite à un choc avec des hauts fonds ou des objets flottants ou pour des raisons techniques inhérentes au bateau comme un passe-coque défectueux ou une rupture de vanne par exemple.
Dans ce cas nous intervenons afin de mettre les personnes en sécurité, prendre en charge les blessés éventuels,  voir si nous pouvons remettre en route ou aveugler la voie d'eau et lorsque c'est nécessaire (dans la plupart des cas), nous prenons le bateau en remorque jusqu'au port.
Dans le gros temps les interventions sont évidemment plus compliquées. C'est la raison pour laquelle nos interventions sont toujours réalisées avec 6 membres d'équipage dont 2 plongeurs ou 2 nageurs de bord, ce qui nous permet de transférer deux sauveteurs sur le bateau à remorquer.
La deuxième cause de nos interventions est l'échouement sur la côte. La plupart du temps il s'agit de bateaux sur corps morts dont les amarres se sont rompues. Il est bon de rappeler, surtout en mouillage sur corps morts, qu'il ne faut pas lésiner sur la qualité et la taille des bouts. 
D'autre part, la station assure également la surveillance des quatre plages de Bandol de juin à septembre avec une équipe de nageurs-sauveteurs.

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Avez-vous des difficultés à recruter des bénévoles
Non, nous avons plus de demandes que de postes à attribuer. Le problème se situe ailleurs.
Jusqu'à encore récemment, les bénévoles étaient essentiellement recrutés au sein des professionnels de la mer (marine marchande, marine nationale, pêche…), les demandes que nous recevons aujourd'hui sont de plus en plus issues du monde de la plaisance. Des formations complémentaires à différentes techniques ont dû être créées à leur intention, et cela coûte cher.
C'est  un des enjeux de la SNSM pour les années à venir qui a créé à cet effet le pôle national de formation de St Nazaire.
D'ailleurs la station de Bandol organise annuellement des stages nationaux de sauveteurs nageurs de bord (SNB1) decentralisés du pôle national de formation. D'autre part 2 patrons de la station ainsi que plusieurs plongeurs et nageurs de bord sont également formateurs nationaux au PNF de St Nazaire.

De quel matériel disposez-vous à la station de Bandol ?
Nous avons actuellement en service une vedette de 10,50 m de 2001 qui est en cours de remplacement par une vedette de 14 mètres. Ainsi qu'un semi-rigide actuellement en réparation.
Nous venons tout juste de boucler, non sans mal, le financement de la nouvelle vedette dont le montant total tous équipements compris s'élève à 900 000 euros.

Comment a été financée cette nouvelle vedette ?
La station a financé 450 000 euros, soit 50% de l'investissement
L'autre moitié a été financée par les collectivités territoriales: région PACA et département du Var ainsi que par la ville de Bandol qui a octroyé une subvention de 50 000 euros.

Dans la part des 50% financée par la station, les donateurs rentrent en ligne de compte.  A ce propos, comment se situent les dons dans votre zone géographique ? 
Notre zone géographique compte 5000 anneaux. Nous comptons 500 donateurs, soit 10% de la population des plaisanciers. Le montant moyen des dons s'élève à 90 euros. Nous récoltons 45 000 euros par an. Rien que l'entretien de la vedette actuelle coûte à lui seul 40 000 euros par an...

500 donateurs pour 5000 bateaux la proportion est faible non ?
Oui, mais ce n'est pas différent de ce que nous connaissons sur le plan national. C'est un des problèmes que le monde du nautisme doit résoudre rapidement. Dans d'autres pays, comme les pays anglos-saxons par exemple, le problème ne se pose pas. Les plaisanciers ont conscience que le sauvetage en mer doit être soutenu pour être efficace et la proportion de donateurs par rapport au nombre de bateaux est supérieure à 50%.

 

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A lire également, 
SNSM - le rapport de Chantal Guittet sur le financement remis au ministre Alain Vidalies


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Christian Gicquel

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