Flash info : Vincent Riou (PRB) contraint à l'abandon

Vincent RIOU (PRB) vient d'annoncer son abandon du Vendée Globe 2016.

Suite à un choc avec un OFNI dimanche matin, alors qu'il allait à 25 noeuds, le bateau a heurté un OFNI.
Trois heures plus tard que la quille s'est mise à entrer en résonnance et à émettre des bruits stridents et constants, témoins d'un effort anormal sur l'appendice. Ces bruits ont continué à s'amplifier dans la nuit de dimanche à lundi.
Ce n'est que ce matin, évoluant dans des conditions plus calmes que Vincent a pu faire les vérifications nécessaires. Il s'est alors aperçu que l'axe de quille avait été abîmé dans le choc. Cette pièce en titane est un élément essentiel du bateau. Elle permet de lier la quille au monocoque par l'intermédiaire d'une rotule en plastique et c'est également cet axe qui permet la rotation de la quille.
Dans le choc, c'est la rotule en plastique qui s'est cassée entrainant un frottement permanent entre l'axe de quille et le support de la rotule. A terme, et alors qu'il reste encore l'océan Indien, l'océan Pacifique et toute la remontée de l'Atlantique à effectuer, cela signifie que l'intégrité du bateau est mise en péril voire même que la quille se désolidarise du 60'.

On imagine la déception chez le vainqueur du Vendée Globe 2004. D'autant qu'il avait du abandonner il y a quatre ans pour les mêmes raisons.
Dans tous les cas, Vincnet RIOU nous a régalé en réussissant à faire jeu égal avec les bateaux équipés de foils depuis le début de la course en se maintenant toujours dans les 5 premiers.

Le skipper a réduit sa vitesse autour de 14 noeuds en attendant de savoir ou son équipe technique aura décidé de le diriger pour réparer.

Interview de Vincent Riou (source vendeeglobe.org) :
« La déception est importante. Mais c'est comme à chaque fois, il faut continuer à vivre et pour moi, la suite, c'est ramener mon bateau en toute sécurité quelque part à terre. La nuit de dimanche à lundi, j'ai eu un petit choc sur le bulbe. La quille est partie en fréquence vibratoire. Elle a commencé à se balader d'un bord à l'autre. Ça s'est arrêté assez rapidement. Ça ne s'est pas arrêté tout de suite car le bateau allait à 25 nœuds quand c'est arrivé. Je n'en ai pas fait plus de cas que cela. Des petits chocs sur la quille dans les courses au large, on en a régulièrement. Celui-là ne me paraissait pas très fort.
Vers la fin de la nuit, j'ai commencé à entendre des craquements autour de la quille. Des craquements que j'avais déjà entendus car ça m'était déjà arrivé d'avoir des petites frictions de carbone entre la coque et la quille. Je me suis dit « tiens ça frotte un peu, ce n'est pas très grave ». Mais au fur et à mesure, le bruit s'est amplifié. J'ai commencé à me poser des questions, à réfléchir à ce qui avait pu arriver. J'ai commencé à consulter. (…). Nous n'étions pas super inquiets mais pas sereins non plus car ce n'est pas un endroit accessible dans le bateau. Sans enlever la quille, on ne peut pas constater exactement ce qui s'est passé. Ma démarche a été de dire : « je continue. Soit c'est un petit déplacement de la quille et le carbone va s'user sous le fond de coque et le bruit va petit à petit s'atténuer. Soit c'est plus grave et forcément le palier est endommagé et le bruit va augmenter ». J'ai continué à naviguer pendant 24 heures. Mais le bruit n'a fait qu'augmenter jusqu'à hier en fin de journée où j'ai commencé à entendre des bruits métalliques en plus des bruits de carbone. J'ai compris que le palier était endommagé et que l'axe commençait à toucher la cage du palier.(…)"