Des taux importants de mercure trouvés dans les glaces de l'Antarctique

Une étude scientifique menée par une équipe de l'Université de Melbourne (Australie) aurait permis de découvrir que des quantités importantes de méthylmercure, une souche particulièrement dangereuse du mercure, se trouverait dans l'océan Austral.

Ce méthylmercure dans l'écosystème révélé par la fonte des glaces due au réchauffement climatique aurait déjà fortement impacté toute la chaine alimentaire.

Les chercheurs qui travaillent sur le projet ont exprimé des craintes quand à l'ingestion de ces bactéries toxiques à travers la consommation de poissons vivants dans cette région du monde.
Ces bactéries méthylmercure lorsqu'elles sont ingérées par les humains, transitent via l'estomac et la circulation sanguine pour finalement atteindre le cerveau et potentiellement causer des problèmes de développement chez les fœtus, les nourrissons et les enfants.

Le phénomène est connu depuis longtemps puisque en 2002 l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) donnait déjà des indications et des conseils de consommation du poisson, mais c'est l'augmentation importante et rapide des taux de ces bactéries prisonnières des glaces et libérées en quantités par la fonte rapide qui inquiète aujourd'hui le monde scientifique.

Rappel des recommandations de l'ANSES en 2002
Pour l'ensemble de la population, l'Anses estime que la consommation de poissons ne présente pas de risque pour la santé au regard du risque lié au méthylmercure. En effet, l'apport de la population en méthylmercure est inférieur à la dose journalière tolérable(1) définie par l'Organisation mondiale de la santé.

Au regard des bénéfices nutritionnels liés à la consommation de poissons (acides gras essentiels, protéines, vitamines, minéraux et oligoéléments), l'Agence recommande :

  • de consommer du poisson deux fois par semaine dont les poissons gras (saumon, maquereau, sardine, anchois, truite fumée, hareng…) ;
  • de diversifier les espèces de poissons consommées.

Pour les femmes enceintes et allaitantes et les enfants en bas âge (moins de 30 mois), l'Agence recommande de prendre des précautions particulières :

  • éviter à titre de précaution de consommer les poissons les plus contaminés : requins, lamproies, espadons, marlins (proche de l'espadon) et sikis (variété de requin)
  • limiter la consommation de poissons susceptibles d'être fortement contaminés(2) à 150 g par semaine pour les femmes enceintes et allaitantes et à 60 g par semaine pour les enfants de moins de 30 mois.

(1) La dose journalière tolérable est la quantité de substance qui peut être quotidiennement ingérée par le consommateur sans effets néfastes pour sa santé.
(2) baudroies ou lottes, loup de l'Atlantique, bonite, anguille et civelle, empereur, hoplostète orange ou hoplostète de Méditerranée, grenadier , flétan de l'Atlantique, cardine, mulet, brochet, palomète, capelan de Méditerranée, pailona commun, raies, grande sébaste, voilier de l'Atlantique, sabre argent et sabre noir , dorade, pageot, escolier noir ou stromaté, rouvet, escolier serpent, esturgeon, thon …