De la Saône à la Grande Bleue en Beneteau Flyer 5

De la Saône à la Grande Bleue en Flyer 5

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Au cours de l'été 2014,  Maurice LAVOLLÉE et son épouse décidaient de rejoindre la Méditerranée à bord de leur Beneteau Flyer 5 au départ de GENAY au nord de Lyon en descendant la Saône et le Rhône. Il nous raconte leur voyage.

En janvier 2013, à 60 ans, mon rêve de gamin prenait forme. Avec mon épouse, nous avons acheté notre premier bateau. Notre budget étant trop petit pour acquérir une vedette, nous avons déniché un Flyer5 avec un moteur Yamaha 115 Beto qui était en bon état. Comme nous voulions pouvoir naviguer plusieurs jours sans crainte des aléas climatiques, nous l'avons aménagé en «camping boat». Nous avons ainsi, tout au long de l'année, profité des week-ends à naviguer et flâner sur la Saône. Comme nous avions le désir de passer nos vacances d'été 2014 en Méditerranée, nous avons donc décidé de descendre le Rhône, caboter jusqu'à Cassis et revenir par le Rhône. Une grande première pour nous...

Le lundi 21 juillet, tout est prêt pour partir vers le sud. Le réservoir de 100 litres est plein, plus 90 litres de réserve. La glacière est bien fournie et comme elle est électrique en 12/220 volts, le rosé sera toujours frais... Problème, ce matin-là, il pleut... Qu'importe, ce n'est pas la pluie qui arrête un Breton. Et on va pouvoir tester le roof ! À dix heures du matin, nous larguons les amarres et c'est parti pour un périple de trois semaines d'aventure. Pour cette journée, 3 écluses sont au programme, Rochetaillée sur la Saône, Pierre-Bénite et Vaugris. L'étape du soir est prévue au port des Roches De Condrieu. À l'écluse de Pierre-Bénite l'aventure commence, on se sent tout petit...

De la Saône à la Grande Bleue en Flyer 5

De la Saône à la Grande Bleue en Flyer 5 - Les écluses

Après avoir passé les sites industriels et les raffineries de Fezin, le Rhône retrouve ses paysages bucoliques avec ses vignobles prestigieux (Côte-Rotie, Condrieu...).

À Vienne, la pluie nous tient toujours compagnie... Mais comme nous sommes bien à l'abri, la bonne humeur est de mise.

Nous arrivons en milieu d'après-midi aux Roches De Condrieu. Son port et sa capitainerie bien equipés, ses restaurants sympas et sa base de loisirs en font une bonne étape.

De la Saône à la Grande Bleue en Flyer 5

De la Saône à la Grande Bleue en Flyer 5

Mardi 22 juillet, après avoir fait le plein au poste à carburant, nous continuons notre descente.
Le ciel se dégage peu à peu. Le Mistral est modéré.
Nous avons 5 écluses au programme. Sur le Rhône, elles sont impressionnantes par leur hauteur, 15 mètres en moyenne.
Elles sont équipées de bollards flottants qui permettent un éclusage serein. Et comme le matelot est au top, ce n'est qu'une formalité.

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Nous passons Andance, Saint Valier, Tournon;
Tain l'Hermitage, Valence où nous refaisons le plein, car la prochaine pompe est à Avignon à 135 km, La Voulte, Le Pouzin.
Nous arrivons en fin d'après-midi à Cruas, dans le nouveau port, bien aménagé.
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Mercredi 23 juillet.
Le temps est beau mais le Mistral souffle en rafale. Le courant est de 5m/s soit 18 Km/h.
Ce sont des conditions qui nécessitent une bonne motorisation pour la remontée ! Un voilier hollandais avec un moteur de 9 CV n'a pas pu sortir du port pour aller en amont ! Notre prochaine étape est Avignon où nous comptons rester 2 jours pour faire le "Festival". Quatre écluses sont à passer, dont celle de Bollène, la plus impressionnante avec 23 mètres de chute. Cette partie du Rhône est agréable à voir du fleuve, avec des paysages variés, en particulier le Défilé de Donzère. 

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En milieu d'après-midi nous atteignons la Cité des Papes. Vu depuis le Rhône, la ville dévoile toute sa beauté.
Par contre, nous avons été extrêmement déçu par le port de plaisance, si l'on peut appeler cela un port. Il n'y a ni ponton ni catways. Seulement un quai très haut bordé par un boulevard à quatre voies qu'il faut traverser pour se rendre aux sanitaires de la capitainerie, soit près d'un kilomètre aller retour du bateau. Il nous a fallu prendre notre douche avant 18 heures, car au delà, la capitainerie est fermée et donc pas d'accès possible même avec un code.... Et cerise sur le gâteau, l'essence est à 1,98 € le litre !!! Le coût d'une nuitée est par contre identique à celui de CRUAS, VALENCE et CONDRIEU qui ont nettement mieux équipés.... Bizarre que les élus ne soit pas plus intéressés par le tourisme fluvial, vu la beauté et la renommée de leur ville. Quand nous en avons discuté avec les plaisanciers rencontrés lors de notre périple, tous nous ont dit qu'ils n'y faisaient qu'une halte pour faire le plein ou l'avitaillement. Nous n'y avons donc finalement passé qu'une nuit. Dommage, car la soirée a été très agréable et nous avons pu apprécier le festival "off". 

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Jeudi 24 juillet, nous avons mis le cap sur Port-Saint-Louis. Une seule écluse nous attend sur le Rhône (Beaucaire) avant celle de Port-Saint-Louis. La journée est belle et le Rhône est calme.
Nous traversons la Camargue. Le paysage est plus monotone, égayé par  Beaucaire, Tarascon et son château dont l'architecture donne une bonne idée de ce qu'était la Bastille, puis Arles, ville romaine si riche en histoire ou malheureusement il n'y a pas, non plus, de halte fluviale ni de port permettant d'accoster pour visiter la ville...
À Port-Saint-Louis, le passage de l'écluse maritime se fait à des horaires précis pour les plaisanciers, le matin, le midi et le soir, car pour entrer dans le port, il faut franchir un pont basculant. Comme un bateau de commerce s'est présenté en milieu d'après-midi, nous avons pu passer avec lui. Le port de plaisance est bien équipé. Par contre, il n'y a pas de station de carburant. Donc bien prévoir la réserve, car les prochains postes de ravitaillement sont à Fos ou Port-De-Bouc.

Vendredi 25 juillet, le premier cabotage de notre vie commence. Notre prochaine étape, Carry-Le-Rouet. Nous empruntons le canal Saint Louis qui n'offre aucun charme particulier en dehors de quelques cabanes de pêcheurs parmi les friches industrielles. Le Golf de Fos n'est pas non plus d'un grand intérêt, bordé de raffineries et traversé par des tankers impressionnants.

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Nous nous sommes pas mal débrouillés et avons vite pigés comment il fallait orienter le bateau pour ne pas se laisser deriver par le vent lors de la manoeuvre pour accoster. Le Samedi et le dimanche, nous restons à quai, car le Mistral souffle avec des rafales à 70 km/h. Donc pas question de sortir. Ce n'est pas un gros problème, les environs de Carry permettent de faire de belles balades.
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Le lundi 28 juillet, le mistral s'étant calmé, nous appareillons pour nous rendre à Cassis.
Nous partons tôt le matin, car la météo annonce des orages en fin de journée.
C'est avec émerveillement que nous longeons cette Côte Bleue qui mérite vraiment d'être visitée.
Nous longeons le Cap Mejean, l'île de l'Erevine, la pointe de Figuerolles, la pointe de Corbiere, l'Estaque.

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Côte Bleue

Nous découvrons Marseille. Nous connaissions bien le "Vieux-Port" côté ville, mais y entrer par la mer est un moment magique. Après une halte à l'intérieur du port, nous reprenons notre route en direction de Cassis en passant par les fameuses Calanques qui font rêver tous les plaisanciers.

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Marseille vieux port - Pharo et fort St Jean

Arrivé à Sormiou, malheureusement, le temps se gâte. Un orage se prépare et la météo marine annonce pour toute la semaine du Mistral avec des rafales supérieures à 60 km/heure. Si nous continuons vers Cassis, nous risquons d'y d'être bloqués plusieurs jours, ce qui pose problème, car il nous reste que 2 semaines de congés et la remontée du Rhône à faire. Nous changeons de cap pour rejoindre les îles du Frioul. Nous déciderons la-bas de la suite de notre voyage. En fait, nous allons y rester 3 nuits... à attendre que le vent se calme. Nous avons vu ce que c'était que "le Mistraaaleu"!!!

Le temps ne nous a pas paru long grace à l'accueil sympathique de la Capitainerie, aux bons petits restos autour du port et aux belles rencontres avec les voisins de ponton. Le jeudi, le vent s'étant calmé nous avons pu faire une randonnée sur les îles qui sont magnifiques à découvrir grace à leurs patrimoines et paysages.
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Vendredi 1er Août, malgré que le vent soit encore bien présent, force 4 à 5, nous repartons en direction de Sausset-Les-Pins. La mer est agitée, nous naviguons donc à vitesse réduite, 1500 Trs/mn, 6 noeuds. La traversée se fait sans encombres. Nous y sommes restés deux nuits. La aussi, accueil est sympathique à la capitainerie.

Malheureusement, un orage le samedi soir ne nous a pas permis de profiter du concert "Fez Noz".

Dimanche 3 août, le beau temps et la mer calme nous permettent de faire tout une virée en passant par Port-de-Bouc, le chenal de Caronte, Martigues et ses canaux, nous faisons une escapade sur l'étang de Berre puis traversons le Golf de Fos pour rejoindre Port-Saint-Louis où nous passons la nuit.

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Le lundi 4 août nous attaquons la remontée du Rhône. Notre prochaine étape est le port de l'Ardoise, après un arrêt à Avignon pour faire le plein. À notre arrivée le soir, nous découvrons un petit port rupestre, avec sa capitainerie-restaurant tenue par une charmante hôtesse. C'est le paradis des animaux, surveillé par des sentinelles palmées.
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Le mardi 5, nous continuons notre route, par un temps magnifique et sans vent. En chemin nous croisons le bateau de la CNR, le "Frédéric Mistral", qui mesure le lit du Rhône afin de vérifier que le chenal soit toujours praticable.

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Le Fredéric Mistral

Nous faisons halte le soir au port de l'Eperviere à Valence. Il dispose de toutes les commodités et d'un poste à carburant. Il y a aussi un très bon restaurant. Nous pouvons facilement nous déplacer pour l'avitaillement, car il y a une station de "velov" au port. Nous y restons deux jours. Nous les mettons à profit pour visiter Valence qui vaut vraiment la peine que l'on s'y arrête pour la découvrir, en particulier le parc Jouvet et le Kiosque qui inspirât Peynet pour dessiner ses amoureux.

 

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Port de l'Epervière - Valence

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Kiosque du parc Jouvet

Le jeudi 7, nous nous arrêtons à nouveau aux Roches de Condrieu.

Et le vendredi 8, nous sommes de retour dans notre bonne ville de Lyon. Elle accueille les visiteurs venant du sud, avec son nouvel emblème, le musée des Confluences.
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Pendant 3 semaines, ce que nous avons aimé le plus a été de prendre le temps de voir et d'apprécier ce beau parcours loin du tumulte et de la foule.

Nous avons parcouru 902 Kms (487 milles nautiques)  (en 41 h de navigation effective (59 h avec le passage des écluses) et consommé 778 litres soit 0,86 l/km (1,60 l/Mn) 19 l/h à 11 noeuds de moyenne).

 

 

 

 

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1 Commentaire sur "De la Saône à la Grande Bleue en Beneteau Flyer 5"

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toby64
Invité

Bonjour,

Super vacance et merci de la partager , ca donne des idees.

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