5 ans et 2600 heures avec un Beneteau Swift Trawler 34 S

Retour d’expérience

Jean-Michel est propriétaire d’un Beneteau Swift Trawler 34 S depuis avril 2011 avec lequel il a navigué 2600 heures.

Jean-Michel, pourquoi avoir opté pour le modèle S donc sans flybridge ?
Pour une raison simple, son port d’attache est situé sur l’Oise et qu’ il y a des ponts à franchir.

Faire 2600 heures en 5 ans c’est bien au delà de la moyenne du commun des plaisanciers. On peut dire que vous avez pal mal navigué.
Oui c’est vrai., en 2011 nous avons amené le bateau à son port d’attache par le chemin des écoliers : les Sables d'Olonne - Brest – Îles Anglo-Normandes - Le havre - Rouen – Oise
2012 : Nous avons refait l’itinéraire dans l’autre sens jusqu’à Brest puis retour.
2013 : La même chose avec en supplément Amiens par le canal du Nord et la Somme.
2014 : En Mars, grand départ pour la Méditerranée d'où nous revenons ce mois-ci, soit novembre 2016.
Pour aller vers la grande bleue nous avons emprunté l'Aisne, le canal de l'Aisne à la Marne, le latéral à la Marne, l'Entre Champagne et Bourgogne, la Saône, le Rhône, pour arriver àPort St Louis du Rhône le tout en 24 jours.
Puis nous avons caboté de Martigues jusqu'à Cannes d’où nous avons traversé vers Calvi, et Ajaccio où le bateau a hiverné.
2015 : Tour de Corse dans le sens horaire avec au passage le quart nord-est Sardaigne, retraversée Calvi Cannes, Menton, puis cabotage Italien vers l'île d'Elbe où le bateau a hiverné.
2016 : l’île d’Elbe puis nord Sicile sans rater aucune des îles sur le trajet; puis ouest Sicile- Sardaigne soit140NM et 23 heures de traversée, ouest Sardaigne, ouest Corse, Hyères, cabotage jusqu'au Grau du roi, Aigues-Mortes, petit Rhône, grand Rhône, Saône, canaux du Centre, latéral à la Loire, de Briare, du Loing; la Seine (avec Paris! Magique) , et enfin l’Oise pour un retour au port d’attache.

Diaporama - Cliquez pour Agrandir Beneteau Swift Trawler 34S Beneteau Swift Trawler 34SBeneteau Swift Trawler 34S Beneteau Swift Trawler 34S

Quel bilan tirez-vous du bateau après ces 5 années de navigation intense avec le Swift Trawler 34 S
le bateau n'a jamais failli; il nous a apporté plus qu'espéré. (nous étions voileux, mais... à 72 ans, nous sommes heureux d'avoir franchi le cap pour le confort absolu). 
Quand j'étais à la voile à 6 kt, j'étais très heureux. maintenant je navigue à 6,5kt en faisant route vers où je veux pour moins d'un litre par mille. 
Nous n’avons jamais eu peur. 
Je ne regrette pas mon choix de bateau. Si c'était à refaire, ce serait celui-là et pas un autre.

Je fais la totalité de l'entretien moi-même. Je n’ai jamais changé la bague hydrolube ni jamais aligné l’arbre (arbre de 50! grosse hélice à 5 pales).
L’étanchéité au passage de l'arbre dans la coque est d'origine un joint Volvo. Garanti 5 ans ou 500 heures (au premier des 2 termes atteint), mais qui peut faire beaucoup-beaucoup plus. Il faut penser à graisser régulièrement la zone de contact arbre/joint. L'inconvénient connu est qu'il peut se déchirer (bien après les 500 heures) et que là, c'est la voie d'eau.
A 800 heures, je l'ai remplacé par un joint PSS. Une merveille. Il n'y a pas de frottement sur l'arbre (qui peut finir par se creuser), mais entre une bague inox solidaire de l'arbre et très largement dimensionnée sur un disque de graphite. J'aime.

A 2500 heures, j’ai eu une panne de la pompe électrique de gavage diesel. Conséquence: le moteur ne dépasse pas 1000 trs/mn avec battements; soit 5 kts. C'est un remplacement à confier à un spécialiste car il faut démonter le boitier électronique, la pompe se trouvant derrière celui-ci. Coût 1000€ avec déplacement.

A chaque vidange j'envoie un échantillon d'huile au labo IESPM qui me renseigne sur l'usure moteur (haut et bas), sur l'encrassement, sur l'étanchéité à l'eau. Donc je dors bien

Il y a eu plein de petits trucs d'aménagement à renforcer, modifier, mais il faut dire que la moyenne d'utilisation d'un Swift Trawler 34 est de 50 heures par an, alors que moi j'en fais 500!

J’ai complètement revu l'alimentation 12 volts de service parfaitement insuffisante d'origine: soit une 140 Ah au plomb avec électrolyte liquide. Ce qui donne une autonomie 10 heures au mouillage. 
Je l’ai remplacée par deux batteries au gel Victron: de 140 Ah dédiées au frigo et au chauffage - Ces deux batteries sont non commutables avec les batteries de démarrage – et par une batterie de 165 Ah dédiée au reste de la servitude.
Tous les éclairages (20) ont été remplacés par des LED y compris le feu de mouillage.
J’ai installé un interrupteur sur le convertisseur TV qui consommait 1A en permanence (la TV d’origine montée par Beneteau est alimentée en 220 V) ainsi qu’un interrupteur sur l’AIS (1,5A).
J’ai maintenant 48 heures d’autonomie au mouillage.

J’ai également changé la pompe WC un peu hésitante. L'ancienne me sert pour les pièces détachées.

Les options au catalogue Beneteau que j'ai choisies: 

- chauffage Webasto (2 sondes de température changées en 2016) NB: comme les tuyauteries d'air chaud ne sont pas calorifugées, la soute de cockpit est également chauffée, et bien que ce soit un 5 500 watts, il fait moins bien qu'un 2000 watts électrique soufflant au port.
- cuve à eaux grises: permet d'être autonome au port sans polluer. J’ai fait installer un lave-linge 3kg dans la soute de cockpit (220volts au port)
- un propulseur de poupe (cause manœuvres dans les écluses) et je ne regrette pas car grosse prise au vent sans erre.
- fermeture de cockpit en toile: indispensable pour naviguer l'hiver et pour l'hivernage.
- fermetures en toile de toutes les surfaces vitrées ( hivernage)
- séparation en toile carré/cuisine pour intimité des dormeurs éventuels du carré
- banquette de cockpit: in-dis-pen-sable.

Beneteau Swift Trawler 34

Sur le « toit » du bateau, j’ai placé l'annexe pneu 240 gonflée, un kayak Bic Ouassou une place (gros plaisir), et un trampoline pour stocker presque tous les pare-battages.

Le moteur de l'annexe est un Torqeedo 1003: RAS en 5ans d’utilisation.
J’ai changé moi-même les capots moteurs et les joints comme indiqué dans le manuel.

Vous dites que vous naviguez à 6,5 nœuds pour moins d’un litre par mille. Vous pouvez développer ?
Le SWT 34S est équipé d'un moteur Cummins QSB 5.9 de 330 CV avec une plage 600/1100 tours « optimisée » pour moins consommer (visible sur les courbes).
Il est donné pour une vitesse maximum de 19 noeuds. Dans la réalité je n’ai jamais dépassé 16,5 noeuds avec une coque propre et un antifouling semi-érodable (INTERNATIONAL) et 17 noeuds avec un antifouling à matrice dure (VENEZIANI).
En ce qui me concerne, j’ai décidé de naviguer à 6,5 noeuds. Sans clapot, ma consommation est de 0,85 litre par mille, ce qui me donne une autonomie de 750 milles nautiques avec une réserve de 20%.
Au régime maxi continu (2650 tours), avec les flaps bien réglés, je navigue à 14,5 noeuds et la consommation est alors de 2,8 litres par mille.
Au régime maximum (2850 tours) la consommation est de 3,7 litres par mille.

Jean Michel, vous avez des projets pour 2017 ?
Oui bien sûr, plein. Il faut juste faire un choix.

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